Le Plan d’Épargne Retraite individuel (PER-i) est sans doute l’outil le plus puissant dont dispose un chef d’entreprise TNS pour réduire sa facture fiscale tout en préparant sa retraite. Et pourtant, il reste largement sous-exploité. Voici pourquoi et comment en tirer le maximum.
Pour une vue d’ensemble du fonctionnement et de la fiscalité du PER, notre guide sur le plan d’épargne retraite détaille les règles communes à tous les profils.
Comment fonctionne la déduction fiscale du PER pour un TNS ?
En tant que travailleur non salarié, vous pouvez déduire vos versements PER de votre revenu imposable dans la limite de 10 % de votre bénéfice imposable, augmentés de 15 % sur la fraction du bénéfice comprise entre 1 et 8 PASS. En 2026, le PASS est fixé à 47 100 €.
Concrètement, pour un TNS avec 150 000 € de bénéfice imposable, le plafond de déduction peut dépasser 50 000 €. À une TMI de 41 %, cela représente plus de 20 000 € d’impôt économisé sur une seule année.
La stratégie du rattrapage : utiliser les plafonds non consommés
Vous n’avez pas versé sur un PER ces 3 dernières années ? Bonne nouvelle : les plafonds non utilisés sont reportables sur 3 ans. Un dirigeant qui n’a rien versé depuis 2023 peut potentiellement déduire l’équivalent de 4 années de plafonds en 2026.
Cette stratégie de rattrapage est particulièrement efficace lors d’une année de revenus exceptionnels, cession d’actifs, forte croissance du bénéfice, etc.
Choisir le bon contrat PER : l’erreur à éviter
Tous les PER ne se valent pas. Les frais de gestion, les supports d’investissement disponibles, les conditions de sortie et la solidité de l’assureur varient fortement. Un CGPI indépendant accède à l’ensemble du marché et sélectionne le contrat le plus adapté à votre profil.
PER individuel ou PER d’entreprise : lequel choisir ?
Le PER individuel (PER-i) que vous ouvrez librement offre une grande souplesse de versements et un large choix de supports. Le PER d’entreprise (collectif ou obligatoire) peut, lui, bénéficier d’un abondement et d’un cadre social avantageux si votre structure emploie des salariés.
Pour un TNS sans salarié, le PER-i reste l’outil central. Dès qu’une équipe existe, il peut être pertinent de combiner PER-i et dispositif collectif pour cumuler déduction personnelle et abondement de l’entreprise.
Sortie en capital ou en rente : quelle fiscalité ?
À la retraite, le PER offre le choix entre sortie en capital, en rente, ou un panachage des deux. Pour les versements ayant été déduits à l’entrée, le capital est imposé au barème de l’impôt sur le revenu et les plus-values à la flat tax ; la rente suit le régime des rentes viagères à titre gratuit.
L’arbitrage dépend de votre tranche d’imposition au moment de la retraite. Un dirigeant qui anticipe une TMI plus faible qu’en activité tire pleinement parti de l’effet de « décalage fiscal » du PER.
Les erreurs fréquentes des dirigeants avec le PER
Trois écueils reviennent souvent : verser au dernier moment sans piloter l’allocation, choisir un contrat aux frais élevés et à la gamme financière pauvre, et négliger la gestion du risque à l’approche de la retraite. Un PER performant se pilote dans la durée, pas une fois par an.
Autre oubli coûteux : ne pas coordonner le PER avec l’assurance-vie et la trésorerie de l’entreprise. C’est l’articulation de ces enveloppes qui crée la performance, pas l’outil pris isolément.
PER et transmission : un atout successoral
Le PER n’est pas qu’un outil de retraite : il comporte une dimension successorale souvent ignorée. En cas de décès avant la liquidation, les capitaux transmis bénéficient, pour les versements effectués avant 70 ans, d’un cadre fiscal proche de celui de l’assurance-vie.
Cette caractéristique en fait un complément intéressant dans une stratégie globale, à condition de désigner des bénéficiaires cohérents avec vos objectifs familiaux.
Là encore, l’articulation PER / assurance-vie mérite d’être pensée ensemble, pour éviter les doublons et optimiser à la fois la retraite et la transmission.
Questions fréquentes
Combien un TNS peut-il déduire sur son PER en 2026 ?
La déduction correspond à 10 % du bénéfice imposable, majorée de 15 % sur la fraction comprise entre 1 et 8 PASS (PASS 2026 : 47 100 €), soit un plafond pouvant dépasser 85 000 € pour les hauts revenus.
Peut-on récupérer des plafonds non utilisés ?
Oui, les plafonds de déduction non consommés sont reportables sur les trois années suivantes, ce qui est très utile lors d’une année de revenus exceptionnels.
Le PER est-il bloqué jusqu’à la retraite ?
En principe oui, mais des cas de déblocage anticipé existent (achat de la résidence principale, accidents de la vie).
Informations à jour au regard de la réglementation applicable en 2026. Elles ne constituent pas un conseil personnalisé : chaque situation doit être étudiée au cas par cas.
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