Médecin libéral : retraite, patrimoine et optimisation fiscale

Emmanuel Georgin
Vous êtes médecin libéral et la CARMF ne couvrira qu’environ la moitié de vos revenus une fois à la retraite ? Emmanuel Georgin décrypte les leviers propres aux praticiens : PER déductible du BNC, SCI, assurance-vie. Une stratégie patrimoniale sur mesure, pensée pour les médecins lyonnais.
Partager cet article
Dans ce post

Chargement du sommaire...

Médecin libéral : pourquoi la retraite se prépare tôt

Le médecin libéral connaît une carrière à revenus élevés, mais aussi une chute brutale de ses ressources au moment du départ en retraite. Selon les données de la profession, un médecin perçoit en moyenne une pension qui représente entre 40 % et 50 % de ses derniers revenus d’activité. Pour un praticien qui gagne 180 000 à 250 000 euros par an, l’écart est considérable. Cette réalité explique pourquoi la préparation de la retraite et la constitution d’un patrimoine ne sont pas des options pour un médecin libéral, mais une nécessité structurelle.

À Lyon, deuxième pôle médical de France avec les Hospices Civils et un tissu dense de praticiens libéraux, ce constat est quotidien. Beaucoup de médecins concentrent toute leur énergie sur leur activité et repoussent la question patrimoniale, jusqu’à découvrir trop tard l’ampleur de l’effort d’épargne nécessaire. Anticiper dès le milieu de carrière change radicalement la donne.

La CARMF : comprendre votre retraite obligatoire et ses limites

Le médecin libéral cotise à la CARMF (Caisse Autonome de Retraite des Médecins de France), qui regroupe trois régimes : le régime de base, le régime complémentaire et le régime des allocations supplémentaires de vieillesse (ASV) pour les médecins conventionnés. Ces cotisations sont obligatoires et représentent une charge importante, mais les prestations versées restent insuffisantes pour maintenir le niveau de vie.

Le point clé à comprendre : la retraite obligatoire fonctionne par répartition et par points, avec un rendement décroissant. Compter exclusivement sur la CARMF revient à accepter une baisse de niveau de vie d’environ 50 % à la retraite. C’est précisément cet écart qu’une stratégie patrimoniale personnalisée doit combler, en s’appuyant sur les dispositifs de retraite supplémentaire et sur la diversification des actifs.

S’ajoute à cela une particularité : le régime ASV des médecins conventionnés a connu plusieurs réformes successives pour préserver son équilibre, ce qui a pesé sur le rapport entre cotisations versées et droits acquis. Pour le praticien, la leçon est claire : les paramètres de la retraite obligatoire peuvent évoluer, et seule une épargne personnelle, pilotée dans le temps, reste sous votre contrôle. Plus elle est constituée tôt, plus l’effet de capitalisation joue en votre faveur.

PER et Madelin : les leviers déductibles de votre BNC

Le médecin libéral, imposé dans la catégorie des bénéfices non commerciaux (BNC), dispose d’outils de retraite supplémentaire particulièrement efficaces. Le contrat Madelin, bien que fermé à la souscription depuis octobre 2020, reste actif pour ceux qui en détiennent un. Le relais a été pris par le Plan d’Épargne Retraite (PER), plus souple et désormais central dans toute stratégie.

L’intérêt majeur du PER pour un médecin fortement imposé tient à la déductibilité des versements de son revenu imposable. Pour un praticien dans une tranche marginale à 41 % ou 45 %, chaque euro versé génère une économie d’impôt substantielle, tout en construisant un capital retraite. Le plafond de déduction, plus élevé pour les travailleurs non salariés, permet des versements conséquents. Le choix entre déduction à l’entrée et fiscalité de sortie doit toutefois être arbitré selon votre situation : c’est un point où un accompagnement sur mesure fait la différence.

Prenons un exemple parlant : un médecin imposé à 41 % qui verse 20 000 euros sur son PER réduit son impôt de plus de 8 000 euros la même année, tout en plaçant 20 000 euros au service de sa retraite. L’effort d’épargne réel est donc nettement inférieur au montant capitalisé. Sur dix à quinze ans, cet effet de levier fiscal, combiné à la performance des supports d’investissement, peut représenter plusieurs centaines de milliers d’euros de capital constitué. Encore faut-il calibrer les versements en fonction de vos revenus et de vos autres projets, sans figer une épargne dont vous pourriez avoir besoin.

Construire un patrimoine au-delà de la seule retraite

La retraite supplémentaire ne suffit pas : un médecin libéral doit diversifier ses actifs pour sécuriser et faire fructifier son patrimoine. Plusieurs leviers se combinent selon les objectifs. L’assurance-vie reste l’enveloppe de référence pour sa souplesse, son cadre fiscal avantageux et son rôle dans la transmission. L’immobilier, en direct ou via une SCI, permet de générer des revenus complémentaires et de structurer la détention des locaux professionnels.

Les SCPI offrent quant à elles une exposition à l’immobilier sans contrainte de gestion, adaptée à un praticien qui manque de temps. L’enjeu n’est pas d’accumuler les produits, mais de bâtir une allocation cohérente : un équilibre entre liquidité, rendement, fiscalité et horizon de placement. Cette cohérence d’ensemble est le cœur du métier de conseiller en gestion de patrimoine.

Optimisation fiscale : structurer durablement son exercice

Au-delà des placements, le médecin libéral peut optimiser la structure même de son exercice. L’exercice en SEL (Société d’Exercice Libéral) modifie la fiscalité des revenus et ouvre de nouvelles possibilités de pilotage entre rémunération et capitalisation. La détention des murs du cabinet via une SCI, la gestion de la trésorerie professionnelle ou encore l’anticipation de la cession de la patientèle sont autant de chantiers à traiter dans une vision globale.

Chaque décision fiscale a des conséquences en chaîne sur la retraite, la protection de la famille et la transmission. C’est pourquoi une approche fragmentée, produit par produit, atteint vite ses limites. Chez Octagone Group, à Lyon, Emmanuel Georgin accompagne les médecins libéraux dans une stratégie patrimoniale construite sur mesure, qui articule retraite, fiscalité et transmission au service d’un seul objectif : votre tranquillité à long terme.

Sur le même thème : Madelin vs PER : quel dispositif choisir pour une profession libérale ? · Kiné, infirmier, orthophoniste : la retraite des paramédicaux libéraux

Cet article fait partie de notre guide complet : Gestion de patrimoine pour professions libérales à Lyon : guide complet.


Vous êtes médecin libéral à Lyon ou en région ? Échangeons sur votre situation pour bâtir une stratégie patrimoniale adaptée, sans engagement.

logo octagone

Octagone vous offre un premier rendez-vous personnalisé

L’occasion d’échanger sur votre situation et vos priorités.

Vous pourriez aimer