Madelin et PER : deux dispositifs, une même finalité
Pour une profession libérale soucieuse de préparer sa retraite tout en réduisant son impôt, deux noms reviennent : le contrat Madelin et le Plan d’Épargne Retraite (PER). Tous deux poursuivent le même but — constituer un complément de retraite avec une déduction fiscale à l’entrée — mais ils diffèrent profondément dans leur fonctionnement et leur souplesse. Choisir entre les deux, ou organiser leur cohabitation, est une décision structurante.
Depuis octobre 2020, le contrat Madelin n’est plus commercialisé : il a été remplacé par le PER. Mais de nombreux libéraux détiennent encore un Madelin actif et s’interrogent : faut-il continuer à l’alimenter, le transférer vers un PER, ou conserver les deux ? La réponse dépend de votre situation, et les enjeux financiers sont loin d’être anecdotiques.
Le contrat Madelin : l’ancien standard des indépendants
Le Madelin a longtemps été le dispositif de référence des travailleurs non salariés. Ses versements étaient déductibles du bénéfice imposable, dans la limite d’un plafond calculé sur le revenu professionnel. Son principal inconvénient : une rigidité forte, avec l’obligation de verser régulièrement et une sortie quasi exclusivement en rente viagère au moment de la retraite.
Pour les libéraux qui détiennent encore un Madelin, le contrat reste valable et continue de produire ses effets. Mais sa souplesse limitée et l’impossibilité de récupérer le capital en une fois posent question face aux possibilités offertes par le PER, plus moderne et mieux adapté aux parcours de vie actuels.
Le Madelin conserve toutefois quelques atouts qu’il serait dommage de négliger. Certains contrats anciens proposent des tables de mortalité ou des taux de conversion en rente très favorables, garantis à la souscription, qu’on ne retrouve plus aujourd’hui. Pour un libéral qui souhaite précisément une rente viagère à la retraite, ces garanties peuvent valoir plus que la souplesse du PER. C’est pourquoi un transfert vers un PER ne doit jamais être automatique : il s’évalue contrat par contrat.
Le PER : la souplesse en plus
Le Plan d’Épargne Retraite a repris les atouts du Madelin en gommant ses contraintes. Les versements restent déductibles du revenu imposable, avec un plafond avantageux pour les indépendants. Mais le PER apporte une liberté nouvelle : pas d’obligation de versement régulier, et surtout la possibilité de sortir en capital, en rente, ou en combinant les deux à la retraite.
Le PER autorise aussi des cas de déblocage anticipé, notamment pour l’acquisition de la résidence principale. Cette souplesse en fait l’outil de référence aujourd’hui pour une profession libérale. Pour un praticien fortement imposé, la déductibilité des versements génère une économie d’impôt immédiate tout en préparant la retraite.
Un point mérite l’attention : la déduction à l’entrée n’est pas un cadeau définitif, mais un report d’imposition. À la sortie, les sommes issues des versements déduits sont imposables. L’intérêt du dispositif repose donc sur un pari raisonnable : être moins imposé à la retraite qu’en pleine activité. Pour un libéral dans une tranche élevée aujourd’hui, ce pari est le plus souvent gagnant, mais il doit être vérifié au regard de votre situation projetée, afin d’éviter une mauvaise surprise au dénouement.
Madelin ou PER : comment trancher ?
Le choix dépend de plusieurs facteurs : votre tranche d’imposition, votre besoin de souplesse, votre horizon de retraite et la manière dont vous souhaitez récupérer votre épargne. Un libéral qui privilégie la liberté de sortie en capital aura intérêt à s’orienter vers le PER. Le transfert d’un ancien Madelin vers un PER est possible, mais doit être étudié au cas par cas, car certains contrats Madelin comportent des garanties intéressantes à conserver.
Il n’existe pas de réponse universelle : la bonne décision est celle qui s’inscrit dans votre stratégie globale. Conserver un Madelin avantageux tout en ouvrant un PER pour la souplesse peut être pertinent dans certains cas. C’est tout l’intérêt d’un diagnostic personnalisé.
Un autre paramètre entre en jeu : la qualité des supports d’investissement et le niveau des frais. Deux contrats affichant la même promesse fiscale peuvent produire des résultats très différents selon leur architecture, l’étendue de leur gamme de fonds et leurs frais de gestion. Sur la durée d’une carrière, un écart de frais apparemment modeste se traduit par des milliers d’euros de capital en moins. Comparer les contrats, qu’il s’agisse d’un Madelin existant ou d’un nouveau PER, fait donc partie intégrante de la décision, au même titre que l’arbitrage fiscal.
Intégrer le bon choix dans une stratégie globale
Le choix entre Madelin et PER ne doit jamais être isolé du reste de votre patrimoine. Il s’articule avec votre fiscalité, vos placements, votre immobilier et vos objectifs de transmission. Calibrer le montant des versements, arbitrer entre déduction à l’entrée et fiscalité de sortie, choisir les supports d’investissement : autant de décisions qui méritent une vision d’ensemble.
Chez Octagone Group, à Lyon, Emmanuel Georgin accompagne les professions libérales dans l’arbitrage entre Madelin et PER, en l’intégrant à une stratégie patrimoniale complète. L’objectif : faire de votre épargne retraite un levier fiscal efficace et un capital réellement disponible le moment venu.
Vous êtes en profession libérale à Lyon ou en région et hésitez entre Madelin et PER ? Échangeons sur votre situation, sans engagement.

